16.12.2011

Dominique Souchet le 13 décembre à commission des affaires étrangères

source: Commission des Affaires Etrangères de l'Assemblée Nationale du 13 décembre 2011. 

– Examen du rapport de la mission d’information sur la géopolitique de l’eau (M. Lionnel Luca, président – M. Jean-Glavany, rapporteur) 

M. Dominique Souchet. Pouvez-vous nous éclairer sur l’avenir des techniques de dessalement ? Les coûts resteront-ils élevés ou de nouvelles techniques permettront-elles de les abaisser et de répondre ainsi aux risques de pénurie qui nous menacent ?

Réponse de Jean Glavany, rapporteur:

Sur la question du dessalement, soulevée par  Dominique Souchet, encore une fois, on sait tout faire, et très bien : il y a des petites unités de dessalement sur les bateaux de plaisance ; il y en a de plus importantes, utilisées pour les crises humanitaires, par exemple, ou encore à Gaza ; et d’autres, énormes, comme celle d’Ashkelon en Israël, qui fonctionne d’ailleurs en joint-venture avec Veolia. 

Il n’y a donc aucun problème technique, mais c’est une technologie chère. Aujourd’hui, produire un mètre cube d’eau, hors prix du service, à partir d’une eau non polluée coûte 5 centimes d’euro ; à partir d’eau polluée, 25 centimes ; à partir d’eaux usées, 45 centimes et 75 centimes à partir d’une eau salée. Les coûts baissent régulièrement, mais d’autres se greffent, qu’il faut prendre en compte : les frais de transport par exemple ; c’est une technologie qui n’a pas d’avenir au centre de l’Afrique subsaharienne. Elle est adaptée surtout en zone littorale. Il y a aussi des aspects énergétiques et environnementaux. La centrale d’Ashkelon est à côté d’une centrale thermique car il faut beaucoup d’énergie pour dessaler. Au plan environnemental, c’est aussi une technique qui produit des saumures, qui aujourd’hui sont rejetées en mer et qui pose donc d’autres problèmes à terme.

Quant je dis qu’il n’y a pas de problème technique, c’est parce qu’on sait transporter l’eau, la conserver, la dessaler, la distribuer, mais elle est mal répartie et la gouvernance pose problème. Ce sont des problèmes politiques 

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